Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras
Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
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Les aveux consignés dans les Mémoires d'outre-tombe répondent admirablement aux confidences tout intimes de la « chère sœur » : « Veillons bien sur notre caractère... »
Me de Duras parlait des défauts de Chateaubriand à lui d'abord, et aux amis, avec l'assurance d'un dévouement mille fois prouvé, qui n'aliéna jamais ni la faculté de voir, et de voir à fond, ni la liberté des jugements dans la servitude d'un amour aveugle. Et lui, de son côté, après le tort des paroles amères ou après les crises de taciturnité, savait reconnaître ses fautes et se faire pardonner. Pour effacer les impressions douloureuses, il redoublait d'assiduités et de prévenances ; à la magie du sourire - « et quel sourire ! » - il savait unir l'enchantement des paroles qui allaient au cœur et y portaient une douce ivresse.
Aussi, quelle ardente et confiante affection lui gardèrent toutes celles qui l'aimèrent et qu'il aima! Plusieurs, se sentant atteintes et condamnées, se réfugièrent près de lui et le voulurent revoir, sûres de son cœur : telles Mme de Beaumont à Rome et Mme de Custine à Sécherons ; d'autres se tinrent en rapports presque quotidiens de lettres ou de billets avec lui, alors qu'elles pouvaient à peine tenir la plume : telle Me de Duras. - On a dit qu'il n'était pas de ceux qu'on oublie. Encore faudrait-il ajouter qu'il n'était pas non plus de ceux qui oublient.
Mme de Chateaubriand revint à Paris. plutôt fatiguée de son voyage dans le midi et de son séjour à Lausanne. De là quelque retard dans l'expression de ses sentiments à l'amie de Mme de Duras, devenue son amie pour toujours.