Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 31 octobre 1822, Vérone
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Vérone, jeudi soir, 31 octobre 1822.
J'ai reçu votre lettre du 23. Je vous ai écrit le 29 par un courrier anglais. Depuis ma lettre, les choses ont un peu changé. Il y a ce soir même une première séance du Congrès à laquelle j'assisterai. Il y sera question de l'Espagne. Nous avons déjà des notes des hauts alliés très favorables à la France. Le prince Metternich m'a fait dire d'un autre côté qu'il désirait avoir une conversation particulière avec moi. Quand M. de Montmorency sera parti, et il doit partir dans huit jours, il est probable que les affaires se rapprocheront de moi. Je vois des symptômes de changement. On commence à avoir moins peur de ma réputation, et les préventions, si longtemps entretenues par mes amis, peu à peu se dissipent. Au reste, le Congrès très certainement finira dans le mois prochain, à moins de quelque événement du côté de 1 Espagne.
Je vous quitte pour écrire une longue lettre à Villèle et j'ai à peine le temps, car il faut que je m'habille ensuite pour la séance du Congrès. Je suis toujours charmé de Henri; je crains pour Hyacinthe. Le duc de Fitz-James m'a envoyé son fils qui m'est tombé ici hier au soir avec Delalot. Ce sont deux francs étourdis ; ils s'ennuieront ici à mourir. Je vais les envoyer voir Venise. Votre histoire de l'Infirmerie est très amusante.