Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire
Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
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Il se souviendra, dans ses Mémoires, de cette illumination. On lit sous la date de 1833 : « Vérone, si animée en 1822 par la présence des souverains de l'Europe, était retournée en 1833 au silence : le Congrès était aussi passé dans ses rues solitaires que la cour des Scaliger et le sénat des Romains. Les arènes, dont les gradins s'étaient offerts à mes yeux chargés de cent mille spectateurs, béaient désertes ; les édifices que j'avais admirés sous l'illumination brodée à leur architecture, s'enveloppaient, gris et nus, dans une atmosphère de pluie. » Et dans le Congrès de Vérone : « Le Congrès de Vérone et ses fêtes se terminèrent par une course de chevaux et par une illumination : nous fuyions, et nous allions nous éteindre. » Et dans le même ouvrage, une page plus haut :
« Ne voulant parler que d'affaires, nous avons placé dans nos Mémoires d'outre-tombe la partie la moins aride du Congrès et les choses auxquelles le public prend ordinairement un intérêt de curiosité. On y verra les portraits des personnages qui se pressèrent à Vérone, la comtesse de Liéven, la princesse Zénaïde Wolkonsky, la comtesse Tolstoï, le prince Oscar, etc, etc. ».
On chercherait inutilement, dans les Mémoires, cette partie moins aride du Congrès et les choses auxquelles le public prend ordinairement un intérêt de curiosité. On n'y trouverait pas non plus les portraits annoncés, comtesse Tolstoï, princesse Wolkonski, etc., etc. Pauvres Mémoires! Comment ont-ils donc été traités? comment édités?
Chateaubriand arriva, de Vérone, le vendredi 20 au matin. Il fut appelé au conseil des ministres qui eut lieu à trois heures.