Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Talleyrand → Mme de Duras, 25 janvier [1826], Hyères
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Hyères, 25 janvier [1826].
On mande à Mme de Dino qu'olivier est imprimé, qu'il en a été tiré 28 exemplaires ; je soutiens que non ; et je lui dis même que c'est impossible. Ai-je tort ? Toute mon assurance est fondée sur ce que je ne l'ai pas.
Si l'hiver prochain vous avez encore le projet de passer quelques mois dans le midi, il faut, le 15 janvier, quitter Marseille, venir à Hyères et y loger chez M. Filhe ; votre chambre sera au midi, vous verrez la mer et vous serez entourée de fleurs... Mon hôte vient de me prêter les journaux. Je suis tout étonné de voir mesurer les événements de Russie comme on le ferait pour une succession de la maison de Bourbon; cela étonne un peu mes traditions tartares.
Il n'y a ici presque point d'Anglais ; ceux qui y sont viennent pour mourir. Au-dessus de moi, il loge une femme qui a le défaut d'être trop de son pays; elle est hambourgeoise ; elle parle très haut et très mal; c'est une espèce d'être autochtonique, vos savants vous diront ce que veut dire ce vilain mot. Je serai quitte d'elle demain ou après demain, et cela me fait un vrai plaisir.
Envoyez-moi le discours ou plutôt le morceau d'histoire que doit lire M. de Chateaubriand à la réception de Mathieu. Les positions gardées, et sûrement elles le seront, une lecture là n'est pas chose aisée.
Je voudrais savoir quelque chose de votre été : faites-vous bâtir sur ce petit coin de terre que vous avez à Saint-Germain.
Il me semble que Mathieu succède à M. Bigot de Préaméneu ; il faut qu'on ait bien soin de ne le désigner que par son second nom, car si on allait dire : M. Bigot, votre prédécesseur, cela irait tout de travers.
Je viens de lire la lettre apostolique de Notre Saint-Père Léon XII pour la fermeture du jubilé. Cette pièce aurait dû être traduite par Barante, il sait la langue du xv siècle; et, en vérité, il aurait aussi bien fait de s'occuper de cela que de faire des préfaces pour les œuvres de Mme Molé.
J'ai tant de fleurs autour de moi que j'en perds un peu la tête et la mémoire; j'en suis à ne pas savoir si je ne vous ai pas écrit il y a trois ou quatre jours ; si cela est vrai, vous aurez raison de me trouver un peu ridicule.
Est-ce que le général Bertrand est devenu fou ? Une lettre de lui à Mme Duveton que l'on m'envoie est au moins singulière.