Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras
Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Le 16 décembre se produisit une subite aggravation de la maladie qui la torturait depuis des années ; et bientôt, à la violence redoublée des douleurs, comme à l'anéantissement progressif qui l'envahissait, elle comprit que la fin ne pourrait tarder.
Elle se fit relire le testament qu'elle avait dressé pendant la crise de juillet 1820, et, toujours occupée du cher frère, par un codicille en date du 26 décembre 1827, elle « remplaça la collection des Mémoires pour servir à l'histoire de France, que M. de Chateaubriand avait déjà, par une copie de la Sainte Famille, de Raphaël, œuvre de Mignard1 » et forcément, elle annula l'usufruit d'Andilly qu'elle avait vendu à M. Talleyrand : « les legs de la copie de son portrait et de la pendule de son cabinet » furent maintenus. Souvenirs d'intimité et de fidélité. Ayant mis ordre à ses affaires de famille et de cœur, elle se tourna vers Dieu : « Ses souffrances physiques étaient devenues par moment atroces, insupportables ; elle les acceptait patiemment ; elle s'appliquait de tout son cœur à souffrir ; elle y mettait presque de la passion, si l'on ose dire, une passion dernière et sublime. » Ainsi Sainte-Beuve résumait l'histoire de ses dernières années et surtout de ses derniers jours, renseigné qu'il était par celle qui fut l'ange gardien de la pauvre malade, Mme la duchesse de Rauzan .
1. A son tour, Chateaubriand donna et légua, comme souvenir et gage d'affection, à M. Mandaroux-Vertamy, cette copie par Mignard, de la Sainte Famille de Raphaël, qui lui venait de la chère sœur. ↩