Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Mme de Duras → Mme Swetchine, 24 août [1817], Paris
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Paris, 24 août [1817].
Chère amie, me voici à Paris, et vous croiriez à ma tendre amitié si vous saviez ce que j'éprouve en ne vous y trouvant pas. Ce cabinet est désert ; il rend sensible tout ce qui me manque. J'y entrais avec plaisir, à présent il me fait mal : vous n'y viendrez pas. Tous mes amis sont absents ou pire qu'absents. Je n'ai pas une chance de voir entrer ici quelqu'un dont la vue fasse battre mon cœur, ou du moins lui ôte le poids dont il est toujours accablé.
Ne vaut-il pas mieux être solitairement à Andilly ? Là, du moins, tout est nouveau. Il faudrait tâcher que l'âme pût aussi abattre et rebâtir, mais c'est impossible. J'ai eu besoin de vous écrire en entrant ici. Joséphine m'a dit comment vous y êtes venue. Pourquoi ai-je perdu une heure de celles que vous pouviez me donner encore ?... Mais cela valait mieux ; il ne faut pas d'adieux quand l'avenir est si triste qu'il l'est pour moi. Je ne sais rien ; les changements de ministère n'ont pas eu lieu, mais ce n'est que retardé...