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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Mme de Duras, Mercredi matin

Livre IV — Chateaubriand ministre des affaires étrangères · Livre IV — Chateaubriand ministre des affaires étrangères (suite)

Chateaubriand → Mme de Duras, Mercredi matin

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 3 min de lecture · p. 252–253 · chapitre 322 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Mercredi matin.

Je n'ai pu rien vous dire, car je ne savais rien, puisque je n'avais pas vu le garde des Sceaux. L'ordonnance pour Villèle seul est dans le Moniteur1. Je vais envoyer ma démission. Il ne s'agit pas de cordon, mais de ne me pas laisser amoindrir dans l'opinion. J'irai vous voir.

1. Dans le carnet de Villèle : « Le 27 décembre, allant chez le Roi, j'en ai vu sortir M. de Chateaubriand tout ému et n'ayant que le temps de me dire, à voix basse, à la porte du cabinet du Roi, restée ouverte : « Mon cher Villèle, calmez le Roi, calmez le Roi. » Introduit je trouvai le Roi assez peu ému lui-même, qui me dit : « Vous avez dû trouver un homme assez peu à l'aise et qui le mérite bien. Croiriez-vous qu'entre lui, Pozzo et La Ferronnays, ils viennent de me faire donner un soufflet sur votre joue par l'empereur Alexandre ; mais je saurai lui donner chasse. Il vient d'envoyer une décoration de ses ordres à Chateaubriand et à Montmorency, et à vous, rien. On voit bien qu'il est un parvenu. Tenez, Villèle, jamais l'empereur d'Autriche ne m'eut fait pareille chose, mais je vais le payer de sa sottise en monnaie de meilleur aloi. » Il sonne, et donne l'ordre qu'on envoie chercher son ministre de la Maison : « Mon cher Villèle, je vous nomme chevalier de mes ordres : ils valent bien les siens ; allez chez vous et attendez-y Lauriston. » » Le 30. En Conseil chez le Roi, où S. M. a exprimé le motif qui lui a fait me donner le cordon bleu. Après son départ, M. de Chateaubriand et quelques autres ministres s'en sont montrés peinés. i Dès le 7 janvier [182¾], le Roi accorda l'ordre du Saint-Esprit au vicomte de Chateaubriand, en même temps qu'aux ducs de Doudeauville et de Damas-Crux.i (Mémoires de Villèle) . ↩

Vous savez que nous passons tous les jours au Conseil et la nuit au travail. Je me suis levé à quatre heures et je suis mort. J'irai vous voir avant dîner.

Votre « ennemie1 » n'est pas arrivée. Hier, c'était le Conseil ¡ai été forcé d'aller chez le Roi. Lisez le journal. Bon Dieu ! Ne recommencez pas vous-même vos tracasseries. Je vous verrai vers quatre heures.

1. [Mme de C.]. ↩

Ne vous troublez pas de tout ce bruit. Cela est pitoyable et voilà tout. C'est moi, sans doute, qui ai fait passer l'avis à Monsieur, et c'est Monsieur qui a tout dit et tout fait. C'était mon devoir, et il ne faut pas, par une fantaisie d'enfant, multiplier des inconvenances et des blessures d'amour-propre.

L'ambassadeur d'Angleterre ne fera aucune démarche, et s'il en fait une, ce sera une sottise. Mais qu'importe tout cela ? J'irai vous voir un moment avant le Conseil.

3 heures et demie.

Villèle vient de m'écrire pour me dire qu'il avait convoqué un Conseil à quatre heures, ne pouvant consentir à compromettre les intérêts de son pays. Ne parlez de rien si vous n'avez pas encore parlé. Je vous ferai connaître le résultat du Conseil.

Eh ! bien, je retire ces paroles, tout ce que vous voudrez, mais ne me poussez plus comme cela, vous me martyrisez ?]. A demain.

6 heures.

Puisque vous n'allez pas [à l'Opéra], je n'irai sûrement pas. Je vais me coucher, car je souffre horriblement. Je vous renvoie le billet, il fera un heureux. A demain, avant le Conseil, un moment.