Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Humboldt → Mme de Duras, 31 décembre 1826, Weimar
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Weimar, ce 31 décembre 1826.
Je suis depuis deux jours à cette cour où tout respire le goût de la littérature et le sentiment du beau. La princesse Marie qui épouse le prince Charles est vraiment ravissante : elle est belle, simple et animée. J'entre chez Gœthe. «Je sais, me dit-il, que vous connaissez la duchesse de Duras, l'auteur d'Ourika et d'Edouard. Que vous êtes heureux ! Elle m'a fait cependant bien du mal. A mon âge, il ne faut pas se laisser émouvoir à ce point. Parlez-lui de mon admiration, remerciez sa fille de ce qu'elle chérit notre langue et Schiller, votre ami et le mien. »
Puis, à la Cour, on m'a raconté qu'un autre roman (de Walter Scott) ayant été placé sur sa table, il le fit ôter avec ces mots : Qu'en trois mois on n'ose me placer un livre là où se trouve Ourika, Ourika lis'est. Je ne vis que de votre gloire.
A. Humboldt.
Je partirai demain et j'aurai le bonheur de vous offrir mes affectueux hommages avant le 24 décembre.
(Cette lettre fut confiée à M. François Delessert.)