Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 21 août, Dieppe
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Lundi 21 août, Dieppe.
Vous êtes bien injuste. Depuis votre départ, je n'ai reçu aucune lettre de vous, excepté un mot où vous m'annonciez votre arrivée à Luxeuil. Je pouvais donc croire que vous vous trouveriez bien des eaux, ignorant qu'elles vous avaient fait mal. Je n'ose vous dire que le fond de votre santé est excellent. Vous ne voulez pas qu'on vous dise la vérité. Je ne suis « léger » en rien, et encore moins dans la vive et profonde amitié que j'aurai toujours pour vous, quoi que vous puissiez en penser. Je vous ai écrit régulièrement une fois par semaine, comme je vous l'avais promis. En arrivant ici, je me hâtai de vous le dire, et il y a pour vous à Luxeuil une lettre de Dieppe. Je vous adresse celle-ci à Spa. Vous trouvera-t-elle ? Je quitte Dieppe ce matin. Je vais à Fervacques, de là à Montgraham rejoindre Mme de Chateaubriand, qui vient un moment chez Mme de Pisieux. Avant quinze jours, je serai rentré dans Paris. Puisque vous me donnez si rarement de vos nouvelles, je vais en faire demander chez vous. Si cela ne vous fatiguait pas, vons m'ôteriez une cruelle inquiétude en m'écrivant un mot, poste restante, à Lisieux.