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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Mme de Duras, 3 septembre 1820, Paris

Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)

Chateaubriand → Mme de Duras, 3 septembre 1820, Paris

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 183 · chapitre 149 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, 3 septembre 1820.

Votre lettre m'a désolé. J'étranglerais volontiers votre imbécile de médecin, qui vous aura dit ce que vous aurez voulu pour faire valoir ensuite sa science. Il vous guérira ! Je le crois bien... et moi aussi, je vous guérirai; tous vos amis vous guériront, si vous voulez les écouter. Je sais bien que je vous impatiente en vous disant cela, mais je ne puis abonder dans vos injustes frayeurs. Vous croirez, si vous le voulez, que je ne vous aime pas, que c'est par indifférence que je ne vous vois pas aussi mal que vous le croyez. Mais je ne puis mentir à la vérité. Sans doute, vous souffrez et beaucoup, mais vous êtes au fond pleine de vie, je vous l'ai dit cent fois : vous me survivrez de vingt ou trente ans. Que ne donnerais-je pas pour vous persuader de cette grande vérité!

Que faites-vous, que devenez-vous après les eaux ? Faites-moi écrire un mot par Clara, si cela vous fatigue de m'écrire vous-même. Vous avez deviné que je serais rappelé par l'ordonnance, et c'est précisément ce que je vous ai écrit en arrivant à Paris. Je suis ici, attendant mon sort et celui de la France. J'écris un peu, sans dessein bien arrêté de publier : les événements en décideront. Ma santé s'était trouvée très bien de l'air de la mer; je suis retombé dans mes langueurs. Je vous en supplie, calmez-vous.