Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 8 octobre 1824, Neuchâtel
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Neuchâtel, le 8 octobre 1824.
Cette fois je n'ai pas perdu mes pas, j'ai décidé Mme de Ch[ateaubriand] à revenir. Je partirai d'ici le 15 ou le 16 et Mme de Ch... me suivra. Je serai donc à Paris vers le 20. Le beau temps est revenu. Lundi nous irons au lac de Bienne et à l'île Saint-Pierre. Il faut bien avoir [vu] ce qu'un immortel fou a fait vivre. Après cela je reviendrai me plonger dans la triste politique. Imaginez-vous qu'ici on ne savait pas qui succéderait à Louis XVIII. On disait que le cas était grave, indécis, et qu'il y avait bien des prétendants. Cela m'a fait voir combien ma petite brochure était venue à propos. Trente ans de révolutions et les calomnies des ennemis de Charles X depuis la Restauration avaient confondu tous les droits et bouleversé toutes les idées. De petits catéchismes politiques et historiques à la portée du peuple font le plus grand bien. Je suis comme une espèce de volontaire parmi les frères ignorantins, je montre à lire aux générations nouvelles ; qui m'en sait gré? Les enfants que j'instruis et non pas les hommes pour qui j'enseigne. Ne m'écrivez plus après avoir reçu cette lettre. J'irai vous voir en arrivant, à Paris ou à Saint-Germain.