Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits M. de Humboldt → Mme de Duras, [1824]

Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)

M. de Humboldt → Mme de Duras, [1824]

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 2 min de lecture · p. 428 · chapitre 361 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Lundi [1824].

De grâce donnez-moi votre rue et numéro à Saint-Germain1.

1. Ce trait aide à fixer la date : - après l'Ourika de Gérard. ↩

Je reçois votre aimable billet au moment où je voulais vous prier de fixer le jour de Cliff[ord ?] Vous m'avez si impitoyablement grondé la dernière fois, en peu de phrases, mais de celles que l'on puise dans l'âme, que, ne me sachant aucune faute, j'en ai été tout attristé de l'incertitude sur moi! Je gage que vous aviez eu à vous plaindre un peu d'une personne qui vous est plus chère. Ce n'était qu'un reflet sur moi.

Je suis libre jeudi et vendredi, j'ai refusé les engagements chez M. Ternaux et les Delessert pour ces deux jours. Je pense que jeudi vous sera plus agréable à cause de mon hérésie gastronomique, et, si vous ne me dites pas le contraire, je serai jeudi à votre porte et vous ne me gronderez plus ni pour moi ni pour les autres. Quant à M. Gérard, vous êtes à temps, je vois, dans un ou deux mois. Je vous soumets tout mon dévouement, je consulterai tous les oracles jusqu'aux sultanes validés de l'infirmerie du Harem, mais en vous promettant des renseignements qui seront tous contradictoires et enveloppés comme le maître. Je ne me rends pas du tout responsable du choix. Vous aurez là un des plus grands problèmes à résoudre qui existe dans la vie sociale. Vous voudrez faire la chose largement, tel qu'il convient à votre caractère et à votre position ; et M. G[érard] sera tout près de tout refuser craignant qu'on paye un cadeau. Si ce jour-là il se lève dans une humeur sentimentale, ayant renoncé aux grandeurs, au luxe du xix° siècle, s'il veut être oublié, nous sommes perdus. Je sonderai le terrain, mais d'après mon premier aperçu vous ne pouvez employer que le tiers de la somme. Je dirai aussi de quelle matière le cadeau ne doit pas être et je serai si enveloppé et si énigmatique dans ce que je veux et ne veux pas, que vous croirez que c'est M. G[érard] même qui parle.