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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Talleyrand → Mme de Duras, 9 octobre [1825], Genève

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Talleyrand → Mme de Duras, 9 octobre [1825], Genève

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 416 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Genève, 9 octobre [1825].

Je ne suis pas votre itinéraire. Pendant que le temps est beau, c'est de Genève, et sur le lac, que je fais toutes mes courses. Le bateau à vapeur le Winkelrried cède à toutes mes fantaisies. Quand le brouillard viendra, j'irai à Coppet, - plus tard à Grenoble, puis Gap, Marseille et Nice, du moins ce sont là mes projets d'aujourd'hui. Les auberges de Genève sont pleines d'Anglais et d'Anglaises; à tous les coins, il y a des aventures. Les Alpes ont leur cailletage, il n'y a pas moyen d'y échapper; dans mon auberge, tout le monde a rencontré à Domo d'Ossola Horace Vernet qui y attendait Mme de Castellane; tel jour, à telle heure, elle devait s'y trouver, et, s'il était exact, ils devaient étudier la nature ensemble. Domo d'Ossola est, à ce que l'on dit, un lieu très romanesque. Je suis fâché de ne pas vous voir, mais du reste, je me passe à merveille de Paris ; je trouve que du moment que l'on n'y est pas, on ne l'aime plus. Mon voyage ne m'a pas fatigué ; je me passe parfaitement de ne pas voir le roi de Prusse, je me porte très bien, mais je voudrais avoir quelques lettres de vous, et je ne sais pas quand ce bonheur là m'arrivera. Adieu. Conservez-moi bonté, amitiés, souvenirs.