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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Talleyrand → Mme de Duras, 29 juin [1826], Pont-de-Sains

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Talleyrand → Mme de Duras, 29 juin [1826], Pont-de-Sains

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 487 · chapitre 445 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Pont-de-Sains1, 29 juin [1826].

1. Propriété du prince de Talleyrand sur la frontière belge. Voir, dans les Souvenirs du baron de Barante, t. III, une jolie lettre de la duchesse de Dino, 23 juin 1826. ↩

Je demande de vos nouvelles, j'en fais demander chez vous. personne ne m'en donne. Il faut bien que je vous écrive quoique ie sache que lire et écrire vous déplaît.

Je suis dans un lieu que j'aime beaucoup ; j'y suis petitement arrangé, mais c'est sulfisant. On y oublie très bien le train de vie que l'on quitte à Paris, on se borne à penser aux personnes. Les affections que j'ai, et celles qu'on veut bien me montrer, sont un sujet continuel de bonnes rêveries dans les bois dont je suis entouré. N'est-il pas singulier pour la vie que j'ai menée d'avoir eu toujours dans l'esprit de la rendre simple et facile; et lorsqu'il lui est arrivé de ne pas l'être, cela m'a mis dans une sorte de malaise. Ici, avec mes petites rivières, mes foins et mes gros arbres, je me trouve à ma place. Ce n'est pas que je ne surprenne quelquefois mon imagination à s'occuper d'une quantité de choses, mais cela ne lui donne aucun empire sur le réel de la vie, et ses tentatives ne sont pas de durée. Vous voyez que j'ai déjà d'un solitaire tout le bavardage. Pour éviter cet inconvénient, il faudrait qu'il y eût de la conversation dans les lettres, et on ne peut pas causer tout seul, sans quoi on parle de soi.

Je retournerai à Paris à mon grand regret, au commencement du mois prochain, mais ce sera pour m'arranger pour ne plus voyager. Je voudrais aller vers le 20 juillet à Valençay.

Adieu, faites dire à votre porte comment vous vous portez, et surtout que vous êtes plus contente de votre santé.