Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
[Chateaubriand → Mme de Duras], [27 décembre 1821]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Jeudi, matin [27 décembre 1821].
Je ne vous verrai pas aujourd'hui. Je veux me soigner, pour m'arracher enfin, si je puis, à ces douleurs éternelles. Hyacinthe continue sous mes yeux la copie ; elle sera achevée après-demain ; et alors nous ferons vous et moi un grand travail.
Delalot est venu hier au soir chez moi. Il est furieux et il a annoncé à Corbière qu'on se repentirait bientôt de la manière dont Villèle le traitait. La nomination de M. de Doudeauville met tout le monde en fureur1. Enfin il me paraît qu'on se brouille de plus en plus. Je n'entends parler de rien. La Borie m'a pourtant écrit que demain, 28, mon affaire serait faite ou brisée. Je ne sais ce qu'il veut dire, et il n'y a rien à croire de ce bon homme qui prend sa bonne volonté pour des faits. S'il vient me donner des explications, je vous les manderai aussitôt. Soignez-vous et guérissons-nous.
1. « Par ordonnance du 26 de ce mois, M. le duc de Doudeauville, pair de France, est nommé secrétaire général de l'administration des Postes » ↩
y heures.
Rien de nouveau. Je n'ai pu voir Corbière ce matin, il était à la Chambre. Je suis fort tranquille, car je désire que la chose manque, le refus ne venant pas de moi.
3 heures et demie.
Je viens de voir le Prince de la Trémoille, qui est venu me recommander un secrétaire de légation. Il avait vu ce matin Mathieu pour le même objet, et Mathieu lui avait parlé comme si c'était moi qui allais à Londres. Il a parlé des sacrifices qu'on était obligé de faire à l'intérêt public, etc.
Je vais aller vous voir, nous causerons.