Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Mme de Duras → Rosalie de Constant, 19 mars [1825]
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19 mars [1825].
Chère Rosalie, quelle affreuse nouvelle vient de me faire dire M. Polier. Vous avez perdu votre pauvre cousine3 et Dieu sait comment votre triste santé aura soutenu un tel malheur. Vous ne m'avez pas écrit, je ne m'en plains pas, mais j'ai besoin que vous m'écriviez tout de suite et que vous me parliez de vous, de votre douleur. Je la comprendrai, j'en sens toute l'étendue. Quel parti allez-vous prendre? Quel sera votre intérieur? Irez-vous chez votre frère, resterez-vous à Lausanne ? Voilà, voilà le moment où je voudrais être près de vous, c'est quand je vous sais isolée et malheureuse, car on peut être isolée quoique bien entourée, et je suis bien sûre que vous l'êtes. Mais votre pauvre cousine était le home pour vous et elle vous aimait tant. Elle parlait de vous si bien, son affection était sincère. Cette perte est affreuse, mais qu'elle n'influe pas sur votre santé. Soignez-la et dites-moi qu'elle n'est pas plus mauvaise et que vous la ménagerez pour ce qui vous aime. Quel affreux spectacle! Et que vous êtes peu en état de le soutenir ! Vous aurez fait au delà de vos forces...
3. Constance de Cazenove d'Arlens, mère de Laure de Cottens. ↩
Je ne me doutais pas que vous enduriez ce tourment pendant que je recevais M. Bonstetten de votre part, pauvre chère. Je me reproche de ne pas vous avoir écrit depuis quelque temps. Vous m'auriez répondu et je vous aurais sue malheureuse. Du reste, je ne suis jamais bien loin de ceux qui souffrent par mes pensées habituelles.
Venez donc à moi, chère Rosalie, j'en ai besoin. Il me faut de vos nouvelles, ne me laissez pas dans l'ignorance de ce que vous souffrez pour que je puisse m y associer. Je le fais déjà du tond de mon cœur. Adieu. Je vous embrasse et m'unis à toutes vos peines. Ne me laissez pas longtemps sans nouvelles.