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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Mme de Duras, 22 juillet [1817], Montboissier

Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand

Chateaubriand → Mme de Duras, 22 juillet [1817], Montboissier

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 64 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Montboissier, ce mardi 22 juillet [1817].

Je suis désolé de vos maux et de vos chagrins. C'est une grande augmentation à mes peines. Mme de [Chateaubriand] est aussi bien qu'on puisse l'espérer, mais elle est bien loin d'être guérie; et aujourd'hui encore elle a été très malade. Je ne puis de longtemps espérer ni loisir, ni joie, et l'avenir est pour moi si triste que je cherche à vivre au jour le jour, sans y penser.

Je ne forme aucun plan. Je traînerai ici et chez Mme de Pisieux, sœur de Mme de Colbert; alors je verrai ce que je pourrai devenir : cela dépendra de la santé de Mme de Chateaubriand et de ma position d'affaires. Si la Vallée n'est pas vendue, il faudra aller me noyer. Il sera temps de penser à tout cela quand le temps sera venu.

Vous sentez que je ne puis faire grand'chose auprès du lit d'une malade. Cependant, j'écris de la politique. Si je quitte la France, il faut qu'au moins je venge ma désolation et laisse une marque à mes ennemis.

Faites-vous toujours votre voyage d'Honfleur? Grand merci de lady Morgan]. Je ne lis plus rien et ne me soucie ni du bien ni du mal qu'on peut dire de moi.

Amitié éternelle.