Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand
Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
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Chateaubriand rendit compte de l'ouvrage de M. de Humboldt, qu'il appelle « notre illustre ami ».
« ... Le savoir de M. le baron de Humboldt est prodigieux ; mais ce qu'il y a peut-être de plus étonnant encore, c'est le talent avec lequel l'auteur écrit dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Il a peint avec une vérité frappante les scènes de la nature américaine. On croit voguer avec lui sur les fleuves, se perdre avec lui dans la profondeur de ces bois qui n'ont d'autres limites que les rivages de l'Océan et la chaîne des Cordillères ; il vous fait voir les grands déserts dans tous les accidents de la lumière et de l'ombre, et toujours, des descriptions se rattachant à un ordre de choses plus élevé ramènent quelques souvenirs de l'homme, ou des réflexions sur la
« C'est le secret de Virgile... Pour louer dignement ce voyage, le meilleur moyen serait d'en transcrire des passages ; mais l'ouvrage est si célèbre, la réputation de l'auteur est si universelle, que toute citation devient inutile. M. le baron de Humboldt, bien que protestant de religion et professant en politique les sentiments d'une liberté sage que tout homme généreux trouve au fond de son cœur; M. de Humboldt, disons-nous, n'en rend pas moins hommage aux missionnaires qui se consacrent à l'instruction des sauvages... La sage économie de ses jugements et la pompe de ses descriptions décèlent un maître qui domine également toutes les parties de son sujet et de son style. »