Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Appendice
Mme Swetchine → Mme Swistounof, 16 novembre 1838, Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Paris, 16 novembre 1838.
Au moment où votre lettre m'est arrivée, j'allais vous écrire sous l'impression du coup si inattendu de la mort de Mme de Chastellux (comtesse César de Chastellux, née de Damas, belle-sœur du duc de Rauzan), et dans mon inquiétude de son effet sur Mme de Rauzan. Ces disparitions soudaines, ces brusques vides faits dans la famille sont douloureux... Tout ce centre frappé ! Cette personne si animée et tellement en possession de ce qui fait l'orgueil de la vie ! Jusqu'à ce Comarin1, qui n'avait jamais été plus brillant. Il y a à peine trois jours que je suis sur la voie de ce triste événement, et déjà auparavant j'étais inquiète de ce qu'on rapportait de la santé de Mme de Rauzan. L'effet des eaux serait-il donc déjà effacé ? Remarque-t-on de l'altération dans ses traits? De tous les symptômes qui m'affligeraient, ce dernier est le seul que je redouterais véritablement .Souffrir s'appelle vivre, et ne l'a jamais empêché; les menaces alarmantes ne sont que dans ce qui nous fait cesser d'être ou même de paraître nous-mêmes...
1. Château voisin de Chastellux. ↩