Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 1er septembre 1820, Paris
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Paris, 1er septembre 1820.
Je ne me suis pas lassé, mais j'ai eu à démêler ici l'affaire des dames de Bordeaux, que je devais présenter à Mme la duchesse de Berry. La vanité et la sottise des royalistes ont fait manquer une chose agréable pour moi, qui m'était tombée des nues, et qui pouvait avoir pour notre cause un résultat heureux. De Sèze a voulu présenter la députation malgré l'opposition des braves femmes qui criaient qu'elles m'avaient choisi pour leur interprète, et que c'était à celui qui avait pleuré sur la tombe à présenter le berceau. Je me suis, comme de coutume, retiré dans mon coin, et j'ai laissé les honneurs à ceux qui les désiraient. Sic vos non vobis. Les dames avaient déposé le berceau chez moi, et, du moins, j'ai gardé vingt-quatre heures la couche de l'héritier de la monarchie.
Ma santé ne vaut pas grand' chose, mais je voudrais vous donner ce qui m'en reste. Je persiste à croire que vous me survivrez de vingt-cinq à trente ans. Le fond est excellent chez vous, et vos amis vous aimeront tant qu'il vous faudra vivre malgré vous et vos injustices.
J'ai vu votre excellent gendre et j'ai été chercher hier M. de Duras pour savoir de vos nouvelles, mais il était aux Tremblayes.