Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 18 octobre 1822, Vérone
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Vérone, le 18 octobre 1822.
Je vous ai écrit en arrivant ici. Je n'ai rien à vous dire de nouveau. J'ai dîné hier chez le prince Metternich. Je dois voir demain les Empereurs et les Rois. On dit toujours que dans un mois tout sera fini. Chacun est pressé de s'en aller. Mathieu parle de nous quitter dans huit ou dix jours, mais je pense qu'il restera jusqu'à la fin du Congrès. On s'ennuie beaucoup ici. Votre gendre est ma seule consolation, et vous ne sauriez croire combien je suis heureux de l'avoir chez moi. Il court, il m'apporte des nouvelles, il voit tout le monde, et est parfaitement estimé et accueilli. Ce qui m'afflige, c'est que l'Italie ne me fait rien. Je ne suis plus qu'un vieux voyageur qui ai besoin de mon gîte, et puis de ma fosse. Quand on a âge de Congrès, tout est fini. C'est un courrier anglais qui part ce matin, qui vous porte ce petit mot. Je ne sais rien de Paris : jugez si j'ai envie de recevoir de vos nouvelles.