Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
[À Mme de Duras], Lundi
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Lundi.
J'avais reçu votre lettre hier soir, chère duchesse. Je ne vous ai pas répondu, c'était un avertissement. J'en ai fait usage près de Mathieu] qui m'a paru croire qu'il n'en était rien, et qu'il fallait un peu de patience, ce sont ses mots. Le Villèle est venu plus souvent ; vous pouvez avoir deviné juste, je n'en ai aucune donnée, n'ayant plus de rapports avec lui... Vos réflexions sont parfaites. Il faudrait que l'assemblée qui se fait deux fois le jour chez [Vaublanc] se fit chez vous, et vous leur apprendriez l'unité. Ils auront eu, je crains, l'avantage dans le salon ; ils seront perdus par l'antichambre, qui se crampone autour de Vau blanc] resté comme un minaret après l'incendie.
savoir profiter de la victoire, sans cela les battans payeront leur lenteur.
Je ferai sentir autant que je pourrai vos sages avis, qui sont ceux de la justice et du bon et sage esprit. Adieu, chère duchesse, le Roi nous rende sainte Geneviève! il faut prier pour que la patronne demande qu'on éclaire et qu'on fortifie.
Mathieu a eu la lettre avant d'aller chez Vil lèle]. Je ne l'ai pas vu. On dit que Ray neval est nommé à Berlin], mais ce n'est pas une raison pour qu'il parte:
Je ne crois pas qu'Adrien] parte pour Londres; tout me fait espérer qu'il y aura quelque chose de terminé avant peu pour M. de Ch... et, de plusieurs côtés, on en fait sentir la justice à quelqu'un qui a approuvé. Je tâcherai de rejoindre Mathieu dans la soirée, et lui parlerai des deux affaires qui vous intéressent, ou, pour mieux dire, qui nous. Adieu, chère duchesse.
J'ai reçu votre lettre, chère duchesse. J'avais parlé à Montmorency, un moment après notre sortie de chez le Roi. Je l'ai laissé avec Villèle, et je ne doute pas qu'il ne se soit bien exprimé. Ils étaient en bonne disposition. Cela les fortifiera, s'il y avait opposition. Tous nos vœux se portent vers lui. Espérons que justice sera faite pour leur bien et pour le nôtre.
Votre tout dévoué.