Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)
[M. de Humboldt → Mme de Duras], [Avril 1825]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
[Avril 1825].
Je n'ai point été assez heureux pour vous trouver avant-hier. Vous ne faisiez que de sortir. Vous aurez deviné que c'est la tempête qui m'a empêché de profiter hier de votre aimable invitation. Au moment de sortir, j'ai eu toutes mes fenêtres cassées, mes manuscrits volaient aux quatre vents. Je n'ai pas eu le courage de quitter la maison avant que le mal ne fût réparé. Il y aura quelque tremblement de terre, quelque grande révolution de la nature avant les liquidations1. Ce sera une fête pour les physiciens qui survivront et peut-être aussi cela donnera des mœurs aux peuples.
1. Allusion au projet de loi « tendant à indemniser les anciens propriétaires des biens-fonds confisqués et vendus au profit de l'Etat en vertu des lois révolutionnaires » ; - et, du même coup, allusion aussi à l'opinion de Chateaubriand sur ce projet, prononcée à la Chambre des Pairs le 11 avril 1825. Voir, dans les œuvres, Opinions et Discours. ↩
Vous seriez bien aimable en me faisant dire si vous restez ce soir chez vous ? Mes carreaux ne se casseront plus, et j'espérerais vous trouver en plus petit comité, vous voir et aussi vous entendre. Je crois d'ailleurs que Madame la duchesse a ordonné que j'aille dîner chez elle demain lundi.
Agréez mes tendres et respectueux hommages.