Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 26 septembre 1817
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
La poste est si mal arrangée que je vous écris ce matin, dimanche, avant d'avoir reçu les lettres de Paris qui n'arrivent que ce soir: et si je n'écrivais pas ce matin, je ne pourrais plus écrire que mercredi : de sorte que j'en suis encore à votre lettre de mercredi.
Tout est sans doute terminé à Paris, et j'en suis encore à Lafitte, Roy et Lessert. Je pense qu'à l'exception de Manuel, qui passera peut-être, le reste sera ministériel. Les ministres vont se renfoncer dans leur système. Je vois d'ici les articles que l'on va publier, en contradiction directe avec ceux qui ont paru et où l'on disait qu'il fallait éviter les hommes des Cent-Jours. Dans leur effarade, ils ont avoué notre système et tiré sur leurs propres troupes, car enfin, le citoyen Mole est, je pense, un pair des Gent-Jours. Quels pauvres diables ! Au reste, je vais arriver avec un ouvrage. Je serai pacifique, si l'on veut, et prêt à attaquer, si enfin on ne veut pas servir la France. Je n'ai rien de fixé pour le jour de mon retour à Paris. Cela dépendra des nouvelles et de ce que vous me manderez.
J'ai une extrême envie de voir la pauvre Mouche : j'ai le cœur déchiré de ce que vous me dites, et j'y pense continuellement. Quand aurons-nous un instant de bonheur et de repos ?