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L'Enchanteur 1768—1848

Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)

M. de Humboldt → Mme de Duras, Lundi

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 427 · chapitre 360 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Lundi.

Si large que fût la bienveillance de Mme de Duras, elle n'était pas uniforme et banale, et non plus, son esprit, sans pointe et sans mordant. Une neutralité invariablement aimable ne pouvait être le fait de cette nature trop franche qui devait percer et choquer à cette époque de « partis irrités et dans une société d'étiquette1 ». Elle était trop ardente et trop « vraie » soit pour cette perfection de charité, ou, sous un beau dehors, pour ce calcul d'égoïsme, ou pour cette apparente égalité d'humeur.

1. Sainte-Beuve. ↩

« La noble faculté d'indignation » dont Sainte-Beuve a parlé, était restée vierge en elle au milieu du monde ». - « L'habitude de se réprimer en dehors et l'aisance de la femme du grand monde reprenait vite le dessus » ; pas assez vite, quelquefois pour qu'il n'y eût point, après les discussions ou mouvements d'humeur, parfois inévitables, quelques grondants reflets » - telle une queue d'orage. Humboldt le donne à entendre dans la charmante lettre qu'on vient de lire, et mieux encore, dans le billet qui suit, curieux échantillon de sa plaisante et capricieuse ironie, de son vif et libre esprit de conversation. Me de Duras l'avait consulté sur la valeur et le choix d'un cadeau » qui fût son remerciement au peintre Gérard pour le tableau d'Ourika :