Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Talleyrand → Mme de Duras, 24 décembre 1825, Marseille
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Il ne se peut pas qu'il n'y ait quelque rhume à un des étages de votre maison; je vous envoie donc des dattes et autres pectoraux de Marseille, vous les recevrez douze jours après l'arrivée de cette lettre.
J'ai eu ce matin de singulières impressions; j'étais à me promener sur le bord de la mer qui était d'un calme parfait ; on m'y a apporté les lettres de Paris qui m'apprenaient la mort de l'empereur Alexandre. Cette mort et ce grand calme m'ont laissé dans une disposition d'esprit dans laquelle je me suis plu pendant plusieurs heures.
Je n'aime pas ce que vous me dites de votre santé; je vous trouve dans un abattement qui ne vous va pas. Parce que vous avez de la force dont vous ne savez que faire, ce n'est pas une raison pour se décourager. Cherchez et trouvez un nouvel emploi de vous, et vous aurez bientôt toute la santé à laquelle vous pouvez prétendre.
Je vais aller bientôt à Hyères qui, à telle époque du mois de janvier, vaut mieux que Marseille, puis à Nice, quand Hyères ne vaudra plus rien. Je ferai ainsi jusqu'au mois de mars, époque à laquelle j'ai dit que je retournerais, car il faut toujours tenir à ce que l'on a annoncé. Le respect humain, qui fait faire bien des fautes, empêche aussi quelquefois et peut-être plus souvent d'en commettre : cette réflexion me vient peut-être un peu tard dans ma longue vie.
Adieu, mille tendres hommages.