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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Rosalie de Constant → M. Charles de Constant, 27 juillet 1827, Lausanne

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Rosalie de Constant → M. Charles de Constant, 27 juillet 1827, Lausanne

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 508 · chapitre 473 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Lausanne, 27 juillet 1827.

Mme de Duras arriva dimanche soir. Elle aime Lausanne, elle est bien aise d'y être. Je ne l'ai pas trouvée plus changée qu'on ne doit l'être au bout de vingt-deux ans d'absence1.

1. 1805-1827. ↩

Avec Mme de Cottens, comme avec Rosalie, le grand sujet de conversation fut l'illustre ami.

Mme de Duras se plut à raconter les travaux et les combats de Chateaubriand ; elle dit son impatience de n'être plus ministre et sa passion de remettre la main aux affaires de son pays, l'injustice de la cour, etc. En parlant ainsi, elle prouvait d'abord qu'elle aimait Chateaubriand, mais aussi qu'elle le connaissait à fond et qu'elle ne prenait pas au sérieux ses désirs de n'être plus rien en politique, de se confiner à jamais dans la solitude. Quelque chose de ces libres propos revint à l'intéressé dans une lettre de Mme de Cottens. Là-dessus, le voilà qui proteste avec humeur et injustice1. Ce mouvement de colère dûment souligné, le passage est encore fort curieux par un mélange d'affection très sincère et très profonde, et par une non moins sincère el prodigieuse illusion sur soi.

1. « ... Me de Duras est peut-être, de toutes les personnes auxquelles je suis attaché profondément, celle qui a pour moi le plus d'amitié et qui me connait le moins. » Lettre à Mme de Cottens, 30 août 1827 : (Correspondant du 25 août 1901). ↩