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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Livre premier — Enfance et jeunesse - amitie et passion (suite)

Livre premier — Enfance et jeunesse - amitie et passion

Livre premier — Enfance et jeunesse - amitie et passion (suite)

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 28 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Mme de Duras ne se contentait pas de s'enfermer quelquefois avec Chateaubriand. Elle sortait avec lui. Et quand Me de La Tour du Pin lui reproche de se donner en spectacle à tout Paris (le mot est cruel), il semble bien qu'elle vise les promenades qu'ils faisaient le matin sur les boulevards, comme deux amoureux, et qu'ils appelleront plus tard, avec la douceur des souvenirs, « leurs anciens boulevards ». « Je reconnais », dira la « chère sœur » au « cher frère », ces grandes allées, ces champs que nous avons parcourus ensemble quand vous écriviez Moïse [1810-1812] et que vous aviez pour moi plus d'attachement. Je ne puis vous dire ce que sont pour moi les souvenirs. »

Chaque année, ils allaient ensemble revoir la plaine de Grenelle, à l'anniversaire du jour où le cousin de Chateaubriand avait été fusillé. Me de Duras s'agenouillait sur le bord du fossé qui avait reçu le sang du martyr; et, après avoir prié, non sans larmes, elle cueillait, memento de ce pèlerinage à deux, une primevère (avril) de laquelle, quatorze ans plus tard, elle pouvait dire à son ami : « J'en ai cueilli une pareille, la première fois que j'y allai avec vous. Je l'ai encore. »