Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)
[Chateaubriand → Mme de Duras], 14 décembre 1821
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Vendredi soir, 7 heures et demie, 14 décembre 1821.
Je reçois votre billet, le mien y répond.
10 heures soir.
Je ne sais rien de plus que ce que je vous ai mandé. J'ignore absolument quels ministres, mais je sais que je n'en suis pas. Ainsi, soyez tranquille. J'ai un tel mal aux yeux que je ne puis sortir. Si on vient, ce soir, me dire des nouvelles, je vous les écrirai.
Je suis fâché de combattre des illusions qui viennent de votre rare amitié.
Je ne crois pas. Polignac sort d'ici. Il m'a conjuré, prêche, supplié d'attendre, qu'ils ne pouvaient se passer de moi, etc. J'ai été très rude pour les faux amis. J'ai dit que j'étais mortellement blessé de cette trahison politique, etc., enfin, j'ai répété vos leçons et il est sorti consterné. Je vais me coucher pour veiller, voilà le mot. Bonsoir, vous êtes admirable, je suis pénétré de cette vérité et attendri plus que je ne puis dire.
Je viens de recevoir ces deux lettres, l'une de M. Ancillon et l'autre de la duchesse de Cumberland. Vous verrez que le Roi de Prusse désire que je lui porte mes lettres de rappel. Cela ne répond pas mal aux grandes réputations perdues de... La lettre d'Ancillon est curieuse sur le ministère. Vous me rendrez le tout demain.
Madame, protectrice de l'établissement. La cérémonie commencera à deux