Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)
Mme de Duras → Rosalie de Constant, 29 avril [1826], Paris
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Paris, 29 avril [1826].
C'est vous qui êtes injuste pour m'avoir mandé que vous deviez aller à Genève, et j'avais prié M. Polier de me procurer une ou deux lettres pour que la pauvre Mme de Chat., qui devait peut-être arriver seule à Lausanne, ne se trouvât pas trop embarrassée. Il y a longtemps que je lui ai envoyé une lettre d'introduction pour vous. Elle est à Lyon et ils doivent être à Lausanne dans huit ou dix jours, s'il ne survient pas de changement dans leur décision. Mais, jusqu'à la fin, je douterai, car elle fait une folie d'ôter son mari de Paris en ce moment. Il y a des affaires pour cette édition de ses Œuvres. Enfin, ce ménage ne procède point comme tout le monde, mais il a tout ce qui est bien et bon à vivre et vous les aimerez.
Je voudrais pour elle un logement près de la Chapelle catholique.
Je suis toujours bien malade, je ne puis ni lire ni écrire, - pas même un billet. Ceci est un effort ; mon cou est déjà raide et douloureux pour ces deux pages. C'est la maladie la plus cruelle et la plus pénible qu'on puisse avoir. C'est une manière de cesser de vivre sans mourir. Adieu. Je vous embrasse. Ne doutez jamais de ma confiance ni de ma tendre amitié.