Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)
[M. de Humboldt → Mme de Duras], [1822]
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[1822].
Qu'il tombe de la grêle, des aérolithes, ou des comètes de poche, je n'en aurai pas moins le bonheur de vous voir à la villa vendredi. Si M. Gallois a le même courage stoïque, je vous l'amènerai, il me l'a promis. Le discours de M. de Montm[orency] m'a entièrement rassuré sur les Chrétiens de l'Orient. Il paraît que la Sainte Alliance a quelque spécifique pour les rappeler à la vie quand ils seront tous massacrés. Agréez l'hommage de ma tendre et respectueuse admiration.
Il est poli de toujours promettre, m'a-t-on dit dans ma jeunesse. Vous n'aimez guère ce raffinement de civilisation. Je déteste, m'avez-vous dit, les tromperies, et je respecte cet amour du vrai, seule source de tout ce qui est beau et élevé. Je préfère donc vous demander mille pardons de ne pas vous voir ce soir. Je dîne dans un quartier très éloigné, à l'Arsenal, et je voudrais aller de là chez M. Arago. C'est trop pour un malheureux qui n'a pas d'organes de locomotion. J'aurai le bonheur de vous offrir demain mes tendres hommages, et vous êtes incapable de me gronder. Je vais apprendre même à dire non pour ne pas vous ennuyer si souvent de mon écriture microscopique. Je vous donne un annuaire qui est très intéressant. Rendez-moi mes amours.
J'espère que vous avez eu le petit billet qui vous exprime mes regrets pour le dîner de dimanche. Je passe ma vie en privations.