Livre IV — Chateaubriand ministre des affaires étrangères · Livre IV — Chateaubriand ministre des affaires étrangères
Mathieu de Montmorency → Mme de Duras, 4 janvier 1823, Val-des-Loups
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Val-des-Loups, ce 4 janvier 1823.
Je ne puis qu'être touché, Madame la Duchesse, de l'expression de votre intérêt qui vient me chercher dans une retraite où votre souvenir se représente souvent. Comment ne pas attacher beaucoup de prix à tout ce qui vient de vous ? J'ai désiré, depuis longtemps, et peut-être autant que personne, d'avoir M. de Chateaubriand pour collègue dans le ministère. Quelques circonstances m'ont peiné dans son entrée à ma place, après m'avoir annoncé qu'il ne l'accepterait pas. Je le lui ai exprimé avec franchise. Il m'a répondu par des choses trop obligeantes, mais il n'est plus question de cela; il n'y a plus qu'un vœu à former par tous les amis de leur pays : c'est que la bonne cause obtienne tous les avantages qu'elle peut espérer d'un si beau talent. Je compte vivre un peu solitaire d'ici à quelques semaines ; mais j'espère trouver le moment d'aller vous porter, Madame la Duchesse, le nouvel hommage de mes profonds et inaltérables sentiments.
Montmorency.
Chateaubriand, à la Chambre des Députés, le 25 février 1823 :
... C'est ici, Messieurs, que je suis obligé de faire un effort sur moi-même pour mettre dans ma réponse le sang-froid et la mesure qui conservent la dignité du caractère. Il est difficile, j'en conviens, d'entendre sans émotion porter de si étranges accusations contre un ancien ministre qui commande le respect à tout ce qui l'approche. Je n'ai qu'un regret, et il est sincère, c'est que vous n'entendiez pas, de la bouche même de mon prédécesseur, des explications auxquelles ses vertus ajouteraient un poids que je ne me flatte pas de leur donner. On l'a appelé à cette tribune le duc de Vérone. Si c'est à cause de l'estime qu'il a inspirée à tous les souverains de l'Europe, il mérite d'être ainsi nommé. C'est un nouveau titre de noblesse ajouté à tous ceux que possèdent déjà les Montmorency.