Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)
[M. de Humboldt → Mme de Duras], [1824]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Ce Dimanche [1824].
Vous n'êtes point encore partie, pent-être, et déjà je m'occupe de l'idée de vous voir sur votre plateau de Saint-Germain. Je sais que je serai doublement bien vu si je vous amène M. Arago, un des hommes les plus agréables de nos temps parce qu'il est bon, simple et spirituel à la fois. Il n'est pas libre mercredi. J'ose vous demander de venir avec lui mardi. Un simple mot suffit : si ce jour vous contrarie, vous ne le prononcerez pas.
J'envoie m'informer à votre porte si le soleil d'hier vous a appelée à Saint-Germain. Je suis revenu ce matin de mon grand voyage de Belgique dans lequel j'ai passé trois jours très agréablement. Mme de Bérenger est infiniment mieux que l'année passée. Je lui ai trouvé assez de force pour se promener à pied dans les champs labourés, car elle a aussi le préjugé des promenades de campagne. Elle m'a chargé de mille choses pour vous. Outre le charme qu'elle a par elle-même, elle a celui de savoir parler admirablement de vous et de la supériorité de ce talent que vous puisez dans votre âme. J'aurai le bonheur de vous voir demain, j'ai trouvé bien des feuilles (épreuves) amoncelées et je dois travailler pour mon courrier prussien de demain.
Daignez de grâce prier la belle duchesse [Clara] de remercier M. de Rauzan au nom de M. Marchangy : il aime tant à obliger.