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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)

Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand

Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 178 · chapitre 140 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Le Conservateur fit ses adieux par la plume de Chateaubriand; le 3 mars 1820 : et dès le lendemain, 4 mars, on lisait dans les journaux dévoués aux Bourbons : « On annonce que M. le vicomte de Chateaubriand a été chargé d'écrire la vie de Monseigneur le duc de Berry. Il tient de bonne source des documents précieux qui lui ont été envoyés pour ce travail »

La pensée de confier ces documents à l'illustre écrivain émanait-elle de la duchesse de Berry, ou de Monsieur ? Ou bien Chateaubriand avait-il sollicité l'honneur de raconter cette vie ? N'est-il pas plus simple de supposer que l'initiative de pareille demande aux princes en deuil vint de la duchesse de Duras, et que, de son côté, le duc de Duras se chargea volontiers d'obtenir de Louis XVIII, toujours assez mal disposé pour l'auteur de la Monarchie selon la Charte, le placet indispensable?

Toujours est-il que ces Mémoires touchant la vie et la mort de Monseigneur le duc de Berry, un des plus beaux écrits de l'auteur, obtinrent un grand succès en France et en Europe; ils achevèrent de dissiper la rancunière hostilité du Roi contre le ministre d'État révoqué en 1816; et ainsi ils rouvrirent à celui-ci la carrière des hauts emplois. On lit dans la Préface des Mélanges historiques où la Vie a trouvé place : «J'ai reçu, pour un travail trop au-dessous du sujet, une récompense que j'estime plus que tous les honneurs de la terre : la mère de MEr le duc de Bordeaux, cette jeune princesse, le charme et l'amour de la France, a enseveli les Mémoires avec le noble cœur qui fut percé du poignard : que n'ai-je pu le ranimer? »