Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras · Livre VII — Le salon et les amis de Mme de Duras (suite)
[M. de Humboldt → Mme de Duras], Novembre [1824]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Novembre [1824].
En revenant des bosquets idéologiques d'Auteuil, j'ai été forcé de m'aliter. C'est mon mal ordinaire et périodique, un peu de fièvre de rhume qui cède au repos. J'espérais pouvoir vous porter 2232
mes excuses moi-même hier soir, mais je me suis senti trop
vous exprimer tous mes regrets. Mes premiers pas seront dirigés, après quelques jours de tranquillité, sur la rue de Varennes, pour vous porter l'hommage de ma reconnaissance et de ma constante admiration. Le nouvel écrit1 de M. de Chateaubriand est plein de noblesse, de modération et de cette force qui naît de la modération même. Mais les nouveaux Mithridates se portent mieux que nous.
1. Première lettre à un pair de France, Paris. 8 novembre 1824 : « ... Des Mithridates politiques qui se seraient habitués à digérer les poisons nous placeraient dans un ordre de choses où l'expérience ordinaire ne peut plus servir. » ↩
Je suis touché de votre aimable intérêt. Ma santé est presque entièrement rétablie, mais je préfère me tenir encore un ou deux jours en réclusion. J'ai bien vu que vous n'avez pas trop ajouté foi à cette indisposition « aux bains » et à ma retraite du monde. Je puis vous jurer cependant de n'avoir été ni à l'Académie, ni chez M. Arago, ni chez M. Gérard à qui j'ai refusé aujourd'hui encore son concert de Rossini et de Mme Pasta. J'ai souffert du rhume et de l'estomac. Ce dernier mot, qui n'est pas une fiction mythologique, me donne des droits à votre généreuse commisération.