Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 24 [septembre 1817], Lonné
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Lonné, ce mercredi 24 [septembre 1817].
Il y a bien longtemps, chère sœur, que je n'ai reçu de lettre de vous. Mon changement de château en est sans doute la cause, sans parler de votre exil à Andilly. Je vous ai envoyé, de Montgraham, ma nouvelle adresse. Nos élections ici sont terminées.
La députation de l'Orne est la même que celle de l'année dernière : nous avons par conséquent M. d'Orglande, membre de la minorité. Le prince de Broglie a passé, mais avec tant de désagréments, tout président qu'il était, que cela a dû lui faire faire des réflexions sur l'opinion publique. Il n'a été nommé qu'en se jetant dans les bras des Jacobins, qui lui ont donné deux cents voix, faute de pouvoir faire nommer un des leurs.
Voilà de singuliers secrétaires et scrutateurs à Paris! Je vois, par les articles des journaux, que l'alarme est au camp. Avant-hier, on insultait les Royalistes; hier, on les appelle au salut de la France. Je ne doute pas que les ministres n'écartent, en définitive, les Jacobins; mais les nominations des secrétaires doivent leur faire voir quels risques ils ont courus, et combien il serait plus simple de changer leur loi d'élection, et d'en revenir enfin aux honnêtes gens.
Je travaille toujours à ma politique : je serai prêt à imprimer en arrivant à Paris. Nous verrons quel parti il faudra prendre, et où en seront les choses. J'espère avoir un appartement arrêté dans la rue du Bac, et je ne tarderai pas à aller vous retrouver. Ecrivez-moi donc.