Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Mme de Duras → Rosalie Constant, [1826]

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Mme de Duras → Rosalie Constant, [1826]

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 433 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Ce mardi [1826].

M. et Mme de Chateaubriand vous arriveront presque en même temps que ma lettre, chère Rosalie. J'ai voulu vous les annoncer. Combien j'aimerais à passer mon été avec vous tous sur les bords de ce beau lac ! Mais je n'ai pas la force de faire ce qui me ferait du bien. Il faut oublier la santé comme un bonheur perdu sans retour. Mme de Chat. a encore été bien malade à Lyon; elle a besoin de grands ménagements. C'est une personne spirituelle et essentielle que j'aime de tout mon cœur de son attachement passionné pour son mari. Vous me parlerez d'eux ; je les envie de vous voir; je suis toujours dans le même état. Je vous écris, en me réveillant, de mon lit. C'est le seul moment de la journée où je puisse écrire quelques lignes. Je n'ai, dit-on, rien de sérieusement attaqué, mais toute ma machine est détruite, et la force me manque pour travailler. J'ai trop souffert. Je vais aller à Saint-Germain, puis, si j'en ai la force, au bord de la mer, à Boulogne; puis, si je l'ose, à Brighton voir un Indien qu'on dit avoir le talent de guérir mes maux.

Ecrivez-moi toujours à Paris, - et prenez patience sur mes pauvres lettres. Je suis baissée comme si j'avais quatre-vingts ans. Je vous embrasse.