Livre premier — Enfance et jeunesse - amitie et passion · Livre premier — Enfance et jeunesse - amitie et passion
Mme C. de Duras → Rosalie de Constant, Ce lundi, [Lausanne]
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Ce lundi.
Je ne sais pas quel est l'obstacle qui pourrait m'effrayer quand il est question d'une soirée passée avec vous, Mademoiselle. Je reprendrai demain avec plaisir la partie qui a été si maussadement interrompue l'autre jour. J'ai regretté de ne pas vous voir hier au soir et je complais m'en dédommager ce matin si le temps avait été supportable, mais je ne l'espère plus guère. Si ce mouillé ne vous effrayait pas et que vous voulussiez venir prendre le thé avec nous ce soir, j'en serais heureuse, et nous fixerions le temps du départ pour demain. Sinon, donnez-moi vos ordres, j'irai les chercher si le temps s'éclaircit à 1 heure. Adieu, Mademoiselle, j'aime à vous renouveler les assurances de mon tendre attachement.
Me pardonnez-vous d'être obligée de renoncer à notre engagement de ce soir? Un vilain rhume en est la cause, plaignez-moi un peu, Mademoiselle, car je suis tout à fait triste et contrariée de manquer une soirée qui avait pour moi un véritable charme ; si ma solitude ne vous fait pas peur, il serait aimable de venir la partager ce soir et prendre le thé avec moi; ce serait un dédommagement qui vaudrait bien la promenade et dont je sentirais tout le prix. J'en mets un très grand à ce que vous soyez convaincue de mon tendre, bien tendre attachement.