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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Rosalie de Constant, 25 janvier 1827, Paris

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Chateaubriand → Rosalie de Constant, 25 janvier 1827, Paris

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 462 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Paris, le 25 janvier 1827.

Je vous remercie, Mademoiselle, d'avoir bien voulu vous adresser à moi pour savoir des nouvelles de Mme de Duras. Elle est établie à La Muette, maison située à l'entrée du Bois de Boulogne ; elle a été obligée de quitter Paris qui lui faisait mal pour chercher une complète solitude, où elle se trouve mieux. Elle reprend des forces, mais sa tête est toujours fatiguée : elle ne peut lire, et la conversation lui est encore très pénible. Je lui dirai combien vous êtes occupée d'elle, et elle sera bien sensible à votre bonne amitié.

Je voudrais bien encore, Mademoiselle, que vous puissiez monter trois étages pour voir Me de Chateaubriand : je me trouvais très bien de ce « dérangement » et j'en conserve un vif souvenir ; j'ai été très heureux à Lausanne et je voudrais encore y être ; je n'oublierai jamais l'hospitalité que j'y ai reçue.

La vie que je mène me fait regretter tous les jours cette paisible retraite, d'où j'apercevais une nature si grande, si belle et si tranquille. Tout est rapetissé dans ce pays, les hommes comme les choses. Après avoir été des géants, nous nous sommes faits nains, apparemment pour tenir moins de place dans le monde, et par bon procédé pour nos voisins. Mme de Chateaubriand me charge, Mademoiselle, de vous faire un million de compliments : elle n'est pas bien du tout. Cet hiver, très malsain et très rude, la fatigue. Elle est malade avec ses malades [de l'Infirmerie].

Agréez, pour mon compte, Mademoiselle, les remerciements et les hommages que j'ai l'honneur de vous offrir.

Chateaubriand.