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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Mme de Duras, 13 septembre 1817

Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)

Chateaubriand → Mme de Duras, 13 septembre 1817

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 147 · chapitre 84 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Ce samedi 13 septembre 1817.

Je suis retombé, chère sœur, dans toutes mes perplexités. Voici tous mes raisonnements. Je me dis : j'ai quitté Paris pour travailler à mes ouvrages, pour me créer dans l'espace d'un an une indépendance avec laquelle j'irai vivre en Italie, ou partout où bon me semblera. Au lieu de cela, me voilà revenant à Paris, sans que rien soit changé dans mes affaires. J'y vais faire un établissement nouveau et augmenter tous mes embarras de fortune. Qu'arrivera-t-il? Je vais paraître à la Chambre, et très certainement j'y parlerai contre les ministres. A la fin de la session, loin d'avoir raccommodé mes affaires, elles seront plus mauvaises que jamais ; le maître sera encore plus irrité ; mes dettes seront augmentées, et je n'aurai pas fait une ligne. J'en serai tout juste où j'en suis, c'est-à-dire dans la nécessité de prendre un parti, de me défaire de ma maison, de renvoyer mes gens, etc. Or, tout cela est fait. Est-il sage de recommencer? Savez-vous qu'il n'y a pas grand' chose à répondre à cela? On me dit et on m'écrit de toutes parts qu'il faut revenir pour la session, que l'honneur m'y oblige, que les royalistes m'attendent, qu'il faut combattre, etc. C'est très bien, mais que deviendrai-je au mois de mars ou d'avril?

Nous partirons pour Lonné mercredi ou jeudi prochain. Ainsi, après mardi, il ne faut plus m'écrire ici, mais chez Mme d'Orglande.

Bonjour, chère sœur ; l'ai reçu votre lettre, et vous avez dû en recevoir une de moi.