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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Mme de Duras → Rosalie de Constant, 16 octobre [1827], Nice

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras (suite)

Mme de Duras → Rosalie de Constant, 16 octobre [1827], Nice

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · chapitre 477 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Nice, 16 octobre [1827].

Depuis dix-huit jours que je suis à Nice, chère amie, je n'ai pas eu un seul jour de beau temps : une pluie à verse et un vent de tempête. Si c'est là le climat de Nice, ce n'est pas la peine de venir le chercher de si loin. Il me fait un mal affreux, je passe mes journées sur un canapé sans pouvoir ouvrir les yeux, la tête entreprise, enfin bien malade. J'avais bien dit à Félicie de vous écrire, et hier elle m'a avoué qu'elle ne l'avait pas fait. Vous voyez quelles tristes nouvelles je vous donne. J'ai été bien malheureuse. J'ai perdu ma charmante nièce Césarine, qui m'avait soignée tout l'hiver comme la plus tendre fille. Hélas! qui m'aurait dit que j'aurais le malheur de lui survivre, jolie, fraîche, heureuse... à vingt ans ! Je ne puis me faire à la pensée que je ne la verrai plus. Ah, ma chère, que de façons de mourir avant la vraie

Je ne puis rien vous dire d'ici. Je m'y déplais, j'y suis mal établie. J'attends Clara à la fin de la semaine. J'ai trouvé ici M. et Mme de La Tour du Pin qui sont venus passer douze jours avec moi. J'ai été bien aise de les retrouver : on a tant à se dire après une longue absence et j'ai été aussi très touchée de ce procédé, car ce voyage est pénible. Le col de Tende est impraticable. La Corniche est admirable. C'est le Simplon avec la mer et le soleil et la végétation des tropiques, les palmiers, les agaves, etc. Adieu, je ne puis écrire davantage.

Donnez-moi de vos nouvelles et rappelez-moi à Mme de Cottens et a M. Chavannes.

Espérons nous revoir.

Je vous embrasse, chère amie, du fond de mon cœur.