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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Mme Swetchine → Mme Swistounof, 27 janvier 1830 [1828], Paris

Livre VIII — Les dernières années de Mme de Duras · Appendice

Mme Swetchine → Mme Swistounof, 27 janvier 1830 [1828], Paris

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 529 · chapitre 492 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Appendice1

1. Ci-dessus, p. 391. ↩

Paris, 27 janvier 1830 [1828].

Je ne vous l'apprendrai pas, chère amie, cette douloureuse nouvelle ; elle est de celles qui vont vite. Vous savez déjà que nous avons perdu cette chère Mme de Duras, qui ralliait a elle tant d'affections, et qui aujourd'hui confond en une seule tant de tristesses. Après trois semaines, qu'on peut qualifier d'agonie, et qui, jour par jour, nous remplissaient de désolation, est venue la nouvelle de sa mort. Elle a été précédée de toutes les souffrances qui peuvent atteindre une pauvre créature humaine, mais aussi de toutes les consolations qui adoucissent le difficile passage et en font la route du ciel. Mme de La Rochejaquelein et son mari, M. de Kersaint, son neveu, ont eu le temps d'arriver, et de la consoler par cette preuve de dévouement. Mme de Duras a demande tous les secours religieux avec une foi, une piété qui fait le baume que Dieu verse sur notre blessure. Les imperfections de son caractère, son ardent désir de vivre, tout ce qui vehait de la nature, a cédé à une influence plus haute ; elle a pratiqué, dans les derniers temps de sa vie, jusqu'à ces vertus humbles et pourtant nécessaires dont on est quelquefois distrait par d'éminentes qualités. Sa douceur, sa soumission ne se sont pas démenties ; il semble que la bonté de Dieu ait voulu ne pas nous laisser un doute sur la récompense qu'il lui destinait. On dit que Clara est resté vingt-six nuits sans se coucher, elle qui avait si besoin de soins et de ménagements ; aussi sa faiblesse était si grande qu'à l'arrivée de sa sœur, elle eut un évanouissement très long. M. de La Rochejaquelein et M. de Kersaint viennent d'arriver. Clara et sa sœur sont encore en route ; elles arriveront bientôt, et l'on peut dire que c'est l'intérêt général qui les attend ici...

A la comtesse de Nesselrode.