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L'Enchanteur 1768—1848
La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits Chateaubriand → Mme de Duras, 5 novembre 1822, Vérone

Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire · Livre III — Chateaubriand ambassadeur et plénipotentiaire (suite)

Chateaubriand → Mme de Duras, 5 novembre 1822, Vérone

La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits · 1 min de lecture · p. 223 · chapitre 241 sur 505

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Vérone, ce 5 novembre 1822.

Ah! si vous ne régnez, vous vous plaignez toujours!

Vous régnez pourtant, et cela ne vous empêche pas de vous plaindre : voilà vos jugements : je n'ai pas reçu un seul mot de Me Récamier. Quant à cette pauvre femme qui était à l'Infirmerie, vous ignorez que la supérieure est sa cousine : vous devriez mourir de honte. L'aventure de B. ne me frappe pas autant que vous : il va s'en aller en Provence, il reviendra, et l'empire de l'habitude est bien puissant. Ce sera de moins une crainte de tous les jours pour Villèle.

Ici nous nous ennuyons à mourir. Nous ne ferons pas grand chose. Je crois que M. de Montmorency pourra partir à la fin de la semaine. La principale affaire sera terminée. Le roi de Prusse et Humboldt sont partis cette nuit pour Rome. Aujourd'hui l'empereur d'Autriche donne un bal pour la fête de l'Impératrice. Cette princesse est très distinguée par son esprit et ses connaissances.

Voulez-vous savoir ma vie ? Je me lève à 7 heures et demie, je déjeune à 8 et demie avec Hyacinthe; à 10 je m'habille. Mathieu m'envoie chercher, ou je vais chez lui parler des affaires; à midi je rends ou je fais quelques visites; à trois heures, je vais me promener seul ; à cinq, je dîne avec mes jeunes gens; à neuf, je me couche, s'il n'y pas congrès chez M. de Metternich. On ne voit ni princes, ni Empereurs. Chacun vit à part de son côté. Le roi de Naples, à qui j'ai eu l'honneur de faire ma cour avant-hier, m'a raconté la dernière éruption du Vésuve. C'est la plus belle qu'il ait jamais vue. Toute la campagne était éclairée jusqu'à Gaëte. Encore, passe : c'est quelque chose qu'un volcan. Je passerai par Gênes que je ne connais pas, et, après cela, je renonce à tout voyage. J'en ai assez.