Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand
Chateaubriand → Mme de Duras, [4 juillet 1817], Montboissier
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Montboissier, par Bonneval, ce vendredi [4 juillet 1817].
Votre lettre, chère sœur, m'a fait grand'peine et grand plaisir. Si vous êtes seule, je suis seul bien plus que vous : mais je me soumets, parce que je suis las de lutter contre une destinée qui m'entraîne. Passons cela.
Je n'ai point écrit et n'écrirai point pour défendre ce monsieur je ne sais qui. B'enjamin] C[onstant] sera tout seul sur le champ de bataille.
Je ne sais si je pourrai aller à Fervacques. Je ne suis pas libre avec ma malade [Mme de Chateaubriand]; en tout, je suis découragé de l'avenir, et, quand je suis arrivé au bout de la journée, j'en ai assez.
Votre homme tatoué est un sot. Si j'avais un « soleil sur un œil » je serais le plus riche et le plus heureux homme du monde, et je ne serais jamais revenu du pays du soleil.
Voilà ma grande écriture qui, comme vous le voyez, est devenue petite. Puisse-t-elle vous réjouir autant que la vôtre m'a fait de bien !
Mais écrivez-moi, je vous en prie, sous mon nom, excepté dans un cas particulier. Vous ne sauriez croire les galimatias, les explications, les commentaires que le Fran a fait naître. Je l'avais prévu, lorsque je parus faire quelque difficulté. Qu'importe la police? Vous ne l'estimez pas plus que moi, et vous lui diriez ce que je lui ai dit cent fois. Votre amitié n'est pas un secret, et notre politique est connue de toute la terre.
A vous, tout à vous.
Mille tendresses à Mme de Staël.
Je vous parlerai une autre fois de ce pays. Il est triste, mais il ne me déplaît pas. Demain, j'essayerai le travail.