Château des Necker, résidence d’exil de Mme de Staël ; il y vient en 1805, Mme Récamier y séjourne souvent.
En bref
| Visites | Août 1805 : visite à Mme de Staël, « seule au fond de son château » ; au retour de Chamonix, il ne peut la revoir. Fin septembre 1832 : visite du château fermé et du tombeau, avec Mme Récamier. |
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| 1805, deux récits | Les Mémoires racontent la visite au château et celle de Mme de Staël à Céleste, le lendemain, à Genève ; Céleste ne parle que de cette dernière, et de la promesse, non tenue, de revenir à Coppet après Chamonix (Cahier rouge), ce que disent aussi les Mémoires et une lettre de Chateaubriand à Mme de Staël écrite de Lyon (1er septembre 1805, publiée par Paul Gautier en 1903). Céleste ajoute que Mme de Staël écrivit d’avance à Paris des conversations imaginaires : l’éditeur de 1909 n’a pu le vérifier. |
| Certitude | Visites de 1805 et de 1832 certaines. |
Le lieu
Sur la rive vaudoise du Léman, à une quinzaine de kilomètres au nord de Genève.
Histoire
Le château appartient à Necker depuis 1784 ; sa fille y tient pendant l’Empire la cour d’exil la plus brillante d’Europe (Benjamin Constant, Schlegel, Sismondi, Bonstetten). Mme Récamier y fait de longs séjours, dont celui de 1807 où le prince Auguste de Prusse la demande en mariage. Chateaubriand y vient en 1805 et blesse son hôtesse en vantant son exil. Il visite le château avec Juliette Récamier à la fin de septembre 1832, pendant son séjour genevois : elle y retrouve la chambre qu’elle avait habitée, et lui le tombeau de Mme de Staël.
1805

« J’allai voir à Coppet madame de Staël ; je la trouvai seule au fond de son château, qui renfermait une cour attristée. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3. · Lire le passage
« A notre retour à Genève, sans avoir pu revoir madame de Staël à Coppet, nous trouvâmes les auberges encombrées. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3. · Lire le passage
« On sut que nous n’avions point été à Coppet et que la noble châtelaine avait fait seulement un roman de plus […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
« […] je voulais vous voir à Copet ; j’y comptais, je l’espérais, je le désirais vivement. »
Chateaubriand à Mme de Staël, Lyon, 1er septembre [1805], publiée par Paul Gautier, Revue des Deux Mondes, 1903.
1832
« Je suis allé hier visiter Coppet. Le château était fermé ; on m’en a ouvert les portes, j’ai erré dans les appartements déserts. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage
« […] madame Récamier a revu la chambre qu’elle avait habitée […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage


« Un sépulcre avait été bâti d’avance dans ce bois pour y recevoir M. Necker, madame Necker et madame de Staël : quand celle-ci est arrivée au rendez-vous, on a muré la porte de la crypte. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3 ; livre XXXV, chapitre 21
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1805
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, Paris, Émile-Paul, 1909 (texte de Céleste ; les notes de l’éditeur ne sont utilisées que pour les faits qu’elles signalent)
Paul Gautier, « Chateaubriand et Madame de Staël », Revue des Deux Mondes, 1903 (lire en ligne)

