Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand · Livre II — Madame de Duras protège Chateaubriand (suite)
Chateaubriand → Mme de Duras, 29 juillet 1820, Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1910, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Paris, le 29 juillet 1820.
Comment avez-vous supporté le voyage? Je voudrais bien recevoir une lettre de vous. Ne vous découragez pas si d'abord les eaux ne vous font pas de bien. Elles vous fatigueront peut-être, comme ces vilains bains souffres que je prends à présent, et qui me font un mal horrible, mais, après, vous vous trouverez mieux : vous reprendrez des forces et vous vivrez, comme je vous l'ai prédit, cinquante ans après nous. Je ne sais encore ce que je ferai et ce que je deviendrai. Je m'ennuie ; j'écris un peu sur la politique. Les élections se préparent mal. Les royalistes sont découragés, et il faut convenir que cette promenade des préfets n'est pas une mesure rassurante. Quand je saurai comment vous êtes, ce que vous devenez, je tâcherai d'arrêter aussi quelque plan. Si vous allez à Ussé, j'irai vous y voir. Mme de Chateaubriand est malade. Je suis aussi très souffrant. Vous nous avez quittés : il y a longtemps que je n'avais passé un été aussi triste. J'espère que ma première lettre sera moins lamentable. Lady Clara veut-elle bien recevoir mes hommages ?