Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 58–59 · chapitre 40 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Comme on le voit par la lettre qui précède, Ime Récamier était aux eaux d'Aix, où dans l'été de 1810 une très-brillante société se trouva réunie. Mme Récamier s'y rencontrait avec Me de Boigne, Adrien de Montmorency, M. et Mme Sosthène de Larochefoucauld, le gendre et la fille de Mathieu et le baron de Vogt dont le nom est déjà revenu plusieurs fois dans la correspondance de Camille Jordan et sur lequel il n'est peut-être pas inutile de dire un mot. C'était un Allemand, homme d'esprit que la philanthropie avait lié d'étroite amitié avec Degérando et Camille Jordan et qui possédait aux environs de Hambourg une grande terre où il consacrait son temps et son intelligence à la moralisation des paysans et aux progrès de l'agriculture. Mme Récamier l'avait présenté à Mme de Staël. Le baron fort enthousiaste par nature, et idolâtre des célébrités, s'était senti vivement flatté de l'accueil bienveillant qu'on lui accordait à Coppet. Mais si le baron recherchait les personnes auxquelles d'éminentes facultés assuraient une grande notoriété, il était disposé à donner toujours raison aux puissants. Son enthousiasme, dont on va voir l'expression dans quelques lettres adressées à Mme Récamier, subit un notable refroidissement, lorsque à la fin de 1810 la rigueur de l'empereur Napoléon s'appesantit plus durement sur Mme de Staël, que son livre De l'Allemagne fut mis au pilon, et qu'en 1811 Mathieu de Montmorency et Mme Récamier furent exilés à leur tour.

Les lettres du baron de Vogt à l'époque où il habitait Genève, donnent, sur le salon de Mme de Staël, des détails intéressants ; c'est ce qui nous décide à en insérer ici quelques fragments.