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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 13 décembre 1826

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 13 décembre 1826

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 260–261 · chapitre 148 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« 13 décembre 1826.

« Je voulais tous les jours vous écrire, je me reprochais un silence qui vous laissait ignorer le plaisir si vrai que m'avait causé vos lettres, et je reçois un billet de vous si triste et si touchant que je ne puis me pardonner la peine que je vous ai faite. Vous avez dû recevoir une longue lettre d'Alexis le Jussieu. Vous êtes presque uniquement l'objet de nos entretiens. Vous savez que M. de Jussieu me plaît, mais je crains que la légèreté de son caractère ne nuise à sa carrière. On ne fait rien de véritablement distingué qu'à force de volonté et de persévérance.

« Voilà pourquoi, malgré tous mes regrets de votre absence, j'ai si fort applaudi à une résolution qui prouvait une volonté forte. Je n'ai jamais douté des facultés de votre esprit, mais j'ai craint quelquefois que la mobilité de votre caractère ne nuisît à leur emploi; rassurée sur ce point, je suis tranquille sur tout le reste.

« Les détails que vous me donnez sur l'emploi de vos journées me causent une véritable satisfaction. Ce voyage vous aura été d'une grande utilité.

« Votre première visite à M. Schlegel m'a aussi fort amusée; vos lettres sont charmantes. Dites à M. Schlegel que je ne l'oublie point et indiquez-moi le moyen de lui faire passer une lithographie de mon portrait de Gérard.

« Je vois rarement monsieur votre père; il va toujours très-assidûment chez M. Cuvier. Vos idées sur l'avenir se dirigent-elles quelquefois de ce côté? Qu'en est-il resté dans votre imagination? Pourquoi ne m'en dites-vous rien? - Je voudrais savoir aussi à quelle époque vous placez votre retour; je vous réponds d'avance que vous retrouverez vos amis précisément tels que vous les avez laissés, et que votre absence ne vous aura rien fait perdre. »