Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)
[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 28 juin 1829, [Dieppe]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« 28 juin 1829.
« Je suis arrivée hier soir à Dieppe, j'ai couru sur le bord de la mer chercher des souvenirs de Naples. Le temps était ravissant, le soleil se couchait dans la mer; l'air était doux et frais : je m'abandonnais à peine à toute la douceur de ces impressions, quand je m'entendis nommer par l'un des hommes les plus laids, les plus lourds, les plus ennuyeux, les plus désagréables à rencontrer partout, mais surtout dans un tel moment; il m'a été absolument impossible de me débarrasser de lui, il s'est cru obligé de me donner l'agrément de sa société tout le reste de la soirée. Quand j'ai vu qu'il n'y avait pas moyen de m'en tirer, je me suis mise à courir toutes les auberges avec lui pour chercher un logement : car dans mon enthousiasme j'étais allée voir la mer avant de penser à me loger. J'ai trouvé une assez jolie chambre à l'Hôtel des bains. J'ai été à la poste chercher mes lettres, j'en ai trouvé beaucoup ; mais la vôtre et celle d'Amélie qui m'annonce le retour de M. Lenormant, voilà ce qui m'a été au cœur. Adieu, adieu, vous verrai-je ici? pourrons-nous faire de belles promenades au bord de la mer ?
« Dites-moi bien tous vos projets, parlez-moi de la santé de votre excellent père, de l'audience de M. de Vatimesnil, de Cousin, de Villemain et surtout de vous. »