Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Camille Jordan] → [Mme Récamier]

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

[Camille Jordan] → [Mme Récamier]

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 134 · chapitre 82 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« J'espérais vous voir aujourd'hui dans la loge de Mme de Chevreuse, mais nos dames à qui j'en ai parlé paraissent désirer que, vu les bienséances d'un deuil récent, je diffère encore d'aller au spectacle; je me rends à un scrupule peut-être exagéré mais respectable : j'attendrai la toute dernière représentation. Le regret d'entendre si peu Talma au théâtre me fait désirer davantage la lecture en prose. Arrangez-la donc si vous pouvez. - J'irai demain en ville ; qu'au moins je n'aie pas le malheur d'hier où je vous manquai chez vous et chez Mme Delphin.

« Je vais à deux heures à un dîner d'œuvre de bienfaisance, recevez-moi donc avant si cela ne vous gêne pas trop. La correspondance et les leçons ne me feraient pas obstacle; vous me donneriez à lire quelque partie curieuse de votre immense collection de lettres du prince de Prusse, de Mme de Staël, et je vous reparlerais de l'idée à laquelle j'ai repensé et m'attache toujours davantage que vous écriviez des mémoires; moyen précieux à joindre à quelques autres pour distraire et tromper le fatal besoin des émotions orageuses. Combien je voudrais surtout que la tendre amitié ne vous parût pas si pâle, que la mienne vous fût quelque chose. »